Contexte historique , préambule à nos présentations

Automne 53 avant JC. Après quelques années passées dans les troupes auxiliaires, servant aux cotés des légions césariennes, un seigneur gaulois, issu d’une vieille famille  aristocratique, retrouve ses terres situées à une journée de marche à l’est de Gergovia. Cliente du roi Bituit (Roi des arvernes, défait en 121 avant J.C.) puis de son fils Congennetiacos, sa famille a toujours réussi à préserver son mode de vie et ses terres, non sans avoir fait quelques concessions… En effet, comme son père au même âge, notre Arverne est parti jeune, quelques années à Rome, où il reçut une éducation «  à la romaine ».

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Beaucoup plus tard, membre de l’assemblée arverne, il est volontaire pour combattre aux cotés des légions romaines. Il part donc avec ses clients : une centaine d’hommes, ses fidèles ambactes, des cavaliers et des fantassins.

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Durant son absence, son épouse a géré avec brio les affaires du domaine. Les greniers et silos à grain sont pleins, le cheptel de mouton et les quelques bovins fournissent de la viande de qualité et quelques naissances sont venues agrandir la population vivant sous sa protection.

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Au début de l’hiver 53, il se rend à l’assemblée Arverne, celle qui précède le solstice d'hiver. Les atermoiements des plus indécis et la position ferme des pro-romains scellent sa destinée. Il répond à l’appel de Vercingétorix, camarade de combat et chef de la coalition gauloise.

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Le carnyx sonne le rappel. La forge, fonctionne à plein régime !

Les femmes préparent les bagages. Une partie du bétail est abattu tandis que les grenier et les silos sont détruits…

Les chariots sont attelés et lorsque que le convoi se met en marche, les derniers guerriers encore sur place mettent le feu au domaine…

Support historique du visuel militaire

Aristocrate et Ambactes Arvernes, Guerre des Gaules
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Proposition de visuel s’appuyant sur:

La Guerre des Gaules/Livre III , paragraphe 22 (NISSARD 1865)

(1) Tandis que tous les nôtres s'occupaient de l'exécution de ce traité, d'un autre côté de la ville se présenta le général en chef Adiatuanos, avec six cents hommes dévoués, de ceux que ces peuples appellent soldures. (2) Telle est la condition de ces hommes, qu'ils jouissent de tous les biens de la vie avec ceux auxquels ils se sont consacrés par un pacte d'amitié ; si leur chef périt de mort violente, ils partagent son sort et se tuent de leur propre main ; (3) et il n'est pas encore arrivé, de mémoire d'homme, qu'un de ceux qui s'étaient dévoués à un chef par un pacte semblable, ait refusé, celui-ci mort, de mourir aussitôt. (4) C'est avec cette escorte qu'Adiatuanos tenta une sortie : les cris qui s'élevèrent sur cette partie du rempart firent courir aux armes ; et à la suite d'un combat sanglant, Adiatuanos, repoussé dans la ville, obtint cependant de Crassus d'être compris dans la capitulation générale.
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La Guerre des Gaules/Livre III , paragraphe 22 (Constanst1947)

« Tandis que cette reddition retenait l’attention de toute l’armée, d’un autre côté de la place, Adiatuanos, qui détenait le pouvoir suprême, parut avec six cents hommes à sa dévotion, de ceux
qu’ils nomment des soldures. La condition de ces personnages est la suivante : celui à qui ils ont voué leur amitié doit partager avec eux tous les biens de la vie ; mais s’il périt de mort violente,
ils doivent ou subir en même temps qu’eux le même sort ou se tuer eux-mêmes ; et de mémoire d’homme il ne s’est encore vu personne qui refusât de mourir quand avait péri l’ami auquel il
s’était dévoué. C’est dans cette escorte qu’Adiatuanos tentait une sortie ; une clameur s’éleva de ce côté du retranchement, et nos soldats coururent aux armes : après un violent combat,
Adiatuanos fut refoulé dans la place ; il n’en obtint pas moins de Crassus les mêmes conditions
que les autres »
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(Nicolas de Damas in Athénée, Deipnosophistes, VI 54, 249ab ; Trad. FGrH 90.F80 - Perrin,
Decourt, 2002, p. 366).

« …Adiatomos, roi des Sotianes (c’est un peuple celte) avait auprès de lui six cents hommes d’élite, que les Galates appellent dans leur langue maternelle solidures, ce qui veut dire en grec
liés par un voeu. Les rois ont ces hommes comme compagnons de vie et compagnons de mort, lorsque ces derniers ont prononcé ce voeu. En échange, ils prennent leur part du pouvoir avec
lui, ont même vêtement et même résidence et ils meurent en même temps, de toute nécessité, que le roi périsse de maladie, au combat ou de quelque autre manière. Et il n’y a personne pour
dire que l’un d’eux ait eu peur de la mort, lorsque celle du roi est arrivée, ou s’y soit dérobé »
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AMBACTES ET SOLDURES,
FIGURES GAULOISES DU COMPAGNONNAGE GUERRIER
Alain TESTART et Luc BARAY