les monnaies arvernes

C'est chez les Arvernes qu'on été trouvées les premières imitations des statèresd'or de Philippe II de Macédoine. C'est à eux qu'on attribue l'introduction de lamonnaie en Gaule. D'importantes séries monétaires ont été émises par lesArvernes tout au long de leur histoire et leurs monnaies se rencontrent bien audelàdes limites de leur territoire. Le Massif Central était riche en or et lesArvernes ont frappé des monnaies d'or (statères et quarts de statère) dès ledébut du monnayage en Gaule jusqu'à la conquête romaine.

Dans le premier quart du 1er siècle avant J.C. et jusqu'à la conquête romaine ontété également frappées des monnaies d'argent et de bronze indiquant un systèmemonétaire très élaboré avec des équivalences parfaitement déterminées entre lesrois métaux. C'est la preuve que l'économie arverne, très florissante, étaitalignée sur les étalons monétaires en usage dans la sphère économique des commerçants romains avec lesquels les échanges étaient très importants.
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Les monnaies à l'effigie de Vercingétorix

On n'en connaît que 27 exemplaires : 25 en or et deux en bronze. Elles sont de deux types : celui avec une tête nue est largement majoritaire avec 23 exemplaires en or et un exemplaire en bronze. Celui avec une tête casquée n'est représenté que par deux statères d'or et une pièce en bronze. 

Ces monnaies ont  été frappées à la hâte lors du soulèvement  de  52 avant J.C. et ont servi  à rétribuer les combattants ralliés à Vercingétorix. Certaines monnaies sont en bronze, d'autres en or. Les monnaies de bronze ont été trouvées sur le site d'Alésia alors que les monnaies en or sont concentrées dans le Puy-de-Dôme et la Haute-Loire. Cette disparité géographique entre les deux métaux s'explique par la pénurie en métal précieux au moment du siège d'Alésia : on a donc utilisé du bronze, sans doute avec la promesse d'un échange contre des pièces en or après la victoire espérée.

Une particularité des monnaies d'or : elles contiennent moins de 40% d'or et sont de très mauvaise qualité : images mal centrées, incomplètes, éclats sur les bords. Ces monnaies ont été frappées sans aucun soin, avec des rondelles trop petites par rapport aux coins utilisés et l'alliage faible en or était trop cassant, ce qui explique tous ces défauts et ces irrégularités. Un examen des monnaies en bronze indique qu'elles ont été frappées avec les mêmes coins que ceux ayant servi pour les pièces en or. Il s'agit bien d'une production d'urgence occasionnée par le siège d'Alésia. La faible quantité de pièces de bronze trouvées à Alésia peut s'expliquer par le fait que le site a été complètement passé au peigne fin par les Romains et leurs alliés après la chute d'Alésia et que la plupart des pièces récupérées sur les survivants ont été emportées comme butin de guerre.

Les motifs des monnaies de Vercingétorix

A - La série à tête nue 

L'avers représente un tête tournée à  gauche au nez droit, au visage glabre de facture très classique. La chevelure est bouclée, assez courte sauf sur certains exemplaires où des mèches plus longues descendent sur la nuque. Toutes les pièces portent le nom de VERCINGETORIX ou VERCIN-GETORIXS, coupé en deux parties de part et d'autre du cou. Sur les exemplaires qui nous sont parvenus tous les visages sont différents. Les différences portent sur la forme du menton tantôt en pointe, tantôt arrondi, tantôt empâté, tantôt en retrait. Sur la mâchoire, tantôt anguleuse, tantôt étroite, tantôt plus large. Sur la bouche aux lèvres plus ou moins ouvertes, plus ou ou moins épaisses. Sur l'oeil et sur l'orbite de taille variable, à l'iris plus ou moins gros. Sur le front haut ou bas, sur l'arcade sourcilière bombée ou droite. Sur le nez plus ou moins long, plus ou moins étroit, à l'extrémité épatée, relevée ou tombante, aux narines larges, pincées ou inexistantes. Sur le traitement de la chevelure : ondulée, bouclée, en bataille, plus ou moins longue sur la nuque.

Il est peu probable qu'il s'agisse d'un portrait fidèle de Vercingétorix. Sinon toutes les pièces auraient présentées un visage uniforme. Il s'agit plutôt d'une représentation symbolique stylisée, divinisée comme sur les modèles grecs et romains.

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Avers du statère de Vercingétorix Série à la tête nue

 

Le revers présente deux sortes de motifs : un cheval aux antérieurs levés, tantôt tourné à gauche, tantôt tourné à droite. Sous le ventre, entre les pattes, une amphore verticale ou penchée. Au-dessus, soit un croissant, soit un motif en esse caractéristique de l'art celte. Le cheval occupe une place de choix sur nombre de monnaies gauloises, ce qui semble logique chez un peuple de cavaliers. L'amphore rappelle le rôle du vin dans les  banquets et les sacrifices religieux et est sans doute ausi une référence à la puissance économique des Arvernes, grands consommateurs de vin importé à prix d'or et donc produit de luxe particulièrement prisé. Il est possible que ces  symboles, qui n'ont  plus de signification précise pour nous, soient aussi des évocations de constellations et de configurations stellaires (Pégase,la chevelure de Bérénice, la Coupe) liées à des évènements religieux du calendrier gaulois. 

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Avers et revers du statère de Vercingétorix Série à la tête nue
 

B - La série au casque

On retrouve le même visage que sur les monnaies précédentes mais la nuque est plus droite. Un casque avec un couvre-nuque relevé cache la chevelure, dont n'émergent que quelques mèches. On distingue des traces de collier sur le cou. Le nom VERCINGE TORIXIS est coupé en deux parties.  Le revers est identique aux pièces précédentes. 

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Avers et revers de la série au casque